« Sans nouvelles de notre fils… » Les soldats et leurs familles confrontés à la mort dans la Grande Guerre

Cette  exposition  a été réalisée par le service éducatif des Archives départementales de la Mayenne. L’exposition propose de comprendre comment la mort du soldat a été perçue et vécue par l’arrière pendant toute la durée du conflit, mais aussi comment les soldats ont tenté de vivre avec sa présence permanente. Des textes, des lettres, des documents cartographiques, graphiques et iconographiques illustrent les différents aspects de cette mort hors norme.

Visites libres du samedi 5 novembre 2016 au dimanche 13 novembre aux horaires d’ouverture du secrétariat de la Mairie.

L’église sainte Marie Madeleine

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Si l’on ne peut dater de manière précise la construction de l’édifice, les sources à notre disposition la situent au 11ème ou 12ème siècle. L’édifice primitif roman ne devait comporter qu’une nef puis il fut agrandi d’un transept et d’un chœur au 17ème à chevet circulaire. Les chapelles nord et sud datent du 18ème siècle. La sacristie fut adjointe à l’extrémité de l’église vers 1895. Les contreforts de la façade ont probablement été remaniés au 15ème siècle et encadrent un  portail grec en tuffeau daté par cette inscription « Deo Optimum Maximo sumptibus D. Jacquot 1840 » (grâce aux dons de). La reconstruction du chœur a été dirigée en 1837 par l’entrepreneur chaufournier Frédéric Ricosset.

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La vénérable dame eu droit à une cure de rajeunissement en 1985 dont le résultat s’offre aujourd’hui à nos yeux et fit dire à l’Abbé Saget dans une de ses chroniques : « La nef est terminée et la voûte a dépouillé son revêtement de plâtre pour revenir à son état primitif : poutres et lattes de bois apparaissent à nouveau, les murs ont retrouvés leur pureté et l’harmonie de l’ensemble ne peut échapper au visiteur, sitôt la porte franchie ».

En visitant l’édifice on peut aussi s’attarder sur le banc seigneurial exécuté vers 1780 pour Jean René Pierre Le Clerc de la Jubertière qui acheta la Seigneurie de Forcé en 1780. Le droit seigneurial conférait au seigneur des « prééminences d’église » .Une d’entre elles était le Droit de banc ou d’escabeau avec accoudoir. L’ouvrage porte les initiales L. C. J. entrelacées surmontées d’une couronne.

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La chaire à prêcher date de 1839 et est probablement l’œuvre d’un artisan du pays. Elle est en fonte peinte et dorée. Un tableau est encadré entre deux palmiers sur sa partie haute, il représente «  Saint François Xavier prêchant aux infidèles ». Dans son dictionnaire, l’Abbé Angot en critique, assez rudement et peut-être injustement, la restauration : « Le tableau (…) est peut-être la meilleur toile qui existe dans nos églises rurales et c’est un malheur que la partie supérieure en ait été odieusement retouchée par Mlle Pillet ». Libre à ceux qui le souhaitent de se faire leur propre opinion. Le montage de la chaire est raconté dans les chroniques paroissiales, reprises par le père Saget : « Pour établir une chaire qui fût en harmonie avec les autres décorations de l’église (suite à la restauration de 1837), le curé alla à Paris pour y choisir une chaire qui fût d’un style léger et approprié au peu d’étendue de la nef. N’ayant pu réaliser ce projet, il fait l’acquisition de panneaux, de frises, espérant trouver à Laval, l’ouvrier et les matières nécessaires à l’achèvement de l’œuvre. Heureusement il trouva un fondeur habile nommé Petithomme qui comprit son plan et fondit toute la rampe de l’escalier et les autres accessoires. »

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L’Adoration des Mages date du 18ème siècle, son auteur n’est pas connu. Il a été donné à la paroisse de Forcé par Louis Martin négociant à Laval en 1839. Selon le bulletin de la commission historique et archéologique de la Mayenne, il proviendrait de l’Hôtel Dieu de Laval. L’Abbé Angot est, au sujet de ce tableau, plus clément qu’avec le précédent : « Une « Adoration des Mages » qui est dans la nef, n’est pas sans mérite. »

Exposition « Compte à rebours vers la Shoah 1940-1944. La machine de persécution et de déportation des juifs en Mayenne ».

Mairie annexe du lundi 14 septembre au dimanche 20 septembre

Entrée libre en semaine.

Samedi et dimanche (Journées européennes du patrimoine), entrée libre de 10 h à 19 h.

Une dossier Shoah

Les 16 panneaux de cette exposition retracent le destin des juifs recensés par la préfecture de la Mayenne entre 1939 et 1944. A travers le destin réel de ces réfugiés, Compte à rebours vers la Shoah présente le fonctionnement de cette machine administrative et policière qui organise la persécution ordinaire des juifs dans le département puis alimente le vaste plan de déportation vers Auschwitz.

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Forcé vue par un instituteur en 1900

Les lecteurs du Courrier de la Mayenne connaissent la rubrique « Votre commune vue par un instituteur en 1900 » réalisée à l’aide des monographies consacrées aux communes du département. Ces monographies ont été mises en ligne par les Archives départementales et rendent ainsi hommage au travail réalisé en 1899 par les instituteurs et institutrices de la Mayenne. Cette œuvre collective fut présentée et récompensée à l’Exposition universelle de 1900.
Le cahier des charges de cette commande est des plus strict, tant sur le fond que sur la forme de la « copie » à rendre. Dans la circulaire de l’Inspecteur d’Académie du 7 janvier 1899, les consignes aux « hussards noirs de la République » sont claires. Voila comment cette circulaire commence :
« J’ai l’honneur de vous adresser ici le plan que vous aurez à suivre pour la rédaction de la monographie de votre commune. Je compte sur votre dévouement et votre savoir faire pour mener à bien ce travail que je recommande à tous vos soins, puisqu’il est destiné à l’Exposition universelle de 1900. Il devra me parvenir le 1er septembre 1899, au plus tard. » Monsieur l’Inspecteur d’Académie Le Balle insiste bien sur la date de livraison de sa commande en jouant sur la police de caractères.
La circulaire se poursuit dans un style toujours aussi « académique » et pointilleux (déformation professionnelle ?) par une longue énumération des différents points à aborder. L’ensemble devait se conformer à un plan très précis et revêtait un aspect plutôt « scolaire ». Les instituteurs devaient s’enquérir de nombreux renseignements qui allaient de la constitution géologique des sols à l’état d’instruction de la commune.
Le doigt sur la couture, les instituteurs du département se sont acquittés de cette tâche et nous offrent aujourd’hui un ensemble de 27 volumes. Cet ensemble de 268 monographies, dans lequel chaque auteur s’est attaché à décrire sa commune sous tous ses aspects, compose un tableau extrêmement riche et varié du département de la Mayenne, tel qu’il se présentait il y a un siècle.
La monographie de Forcé comporte 5 pages (titre et plan compris) mais n’en demeure pas moins intéressante. A l’époque, la population de Forcé était de 279 habitants dont presque la moitié se trouvait hors du bourg. Il est fait mention de 3 naissances, 1 mariage et 2 décès pour l’année 1898. L’agriculture est la principale activité de la commune. L’instituteur souligne que « l’outillage agricole est assez perfectionné : machine à battre, charrue à deux versoirs, faucheuse, moissonneuse ».
La fabrication de la chaux qui occupait une cinquantaine d’ouvriers est abandonnée. On compte cependant « environ 50 métiers à tisser dans la commune ». Les tisserands gagnent « assez péniblement 2 francs par jour et font des journées de 12 heures de travail » sans compter les heures des repas. Les moments de chômage correspondent aux périodes de fenaison et des moissons. Les ouvriers tisserands travaillent alors dans les champs et gagnent de 2 à 3 francs pour les hommes et entre 1 et 2 francs pour les femmes. Le travail est pénible, « la journée commence dés 5 heures le matin et ne se termine souvent qu’après 8 heures le soir ». Les ouvriers agricoles « qui se louent »pour une durée de 4 mois, « depuis la Saint Jean jusqu’à la Toussaint » peuvent gagner de 200 à 250 francs en moyenne. Les « domestiques de ferme » gagnent de 300 à 350 francs.
Il y a deux écoles sur la commune, une école communale mixte dirigé par un instituteur laïque et une école libre avec « école enfantine « dirigée par des congréganistes (sœurs d’Evron). L’effectif cumulé des deux écoles est de 54 élèves.
Les passionnés de géographie se réjouiront de savoir que « le point le plus culminant de la commune est la roche des Veaux au pied de laquelle coule la Jouanne qui traverse le bourg de Forcé et va se jeter dans la Mayenne, plaçant ainsi Forcé dans le bassin de la Loire ».
Dernière curiosité de la commune, « un cèdre de 110 ans » qui se trouve prés des étangs du château de la Mazure.
Malheureusement, la signature au bas de la monographie n’étant pas lisible, il n’est pas possible de rendre au rédacteur l’hommage qu’il mérite. A moins que la mémoire vive forcéenne puisse nous éclairer à ce sujet.

 

Source : monographie communale de Forcé et circulaire de l’Inspecteur d’académie du 7 janvier 1899

Les fours à chaux de Forcé

Quiconque aime s’aventurer sur les bords de la Jouanne à Forcé, connait le four à chaux du Rochevier. Un site aujourd’hui silencieux mais qui jadis a surement résonné d’une importante activité.

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L’existence de fours à chaux est attestée dès le XIVe siècle en Mayenne mais la chaux était employée uniquement dans la construction. Son utilisation intensive dans l’agriculture date du XIXe siècle et des grandes transformations agraires. Auparavant, les sols mayennais étaient tellement mauvais qu’ils devaient être laissés en jachère pendant plusieurs années pour être de nouveau cultivables. L’usage de la chaux permit de faire disparaître la jachère et d’augmenter la production agricole. Vers 1820-1830 la Mayenne suit l’exemple du Maine et Loire et se tourne vers le chaulage de ses terres pour augmenter les rendements agricoles. La découverte de gisements d’anthracite dans le bassin de Laval permet de faire face à la forte demande de combustible : de multiples fours à chaux sont alors construits dans le département. On dénombrait 273 fours dans le département en 1870, contre 44 en 1825. Ces fours se concentraient essentiellement autour de Laval.

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En 1853, Arsène RICOSSET, fait construire un four à chaux sur sa propriété de Rochevier. Deux éléments doivent être obligatoirement réunis pour produire de la chaux : du calcaire et un combustible ; du charbon de bois ou de terre. Les rochers calcaires qui s’élèvent sur la rive droite de la Jouanne sont la principale raison du choix du site. L’ensemble des éléments qui composaient l’exploitation a été conservé : une carrière de pierres pour extraire le calcaire, un four et la maison du chaufournier à quelques mètres.
Les chroniques du père SAGET présentent la construction du four comme une nouvelle manne pour la commune et ses habitants « malheureusement déshérités des avantages qu’ils trouvaient dans l’usine si célèbre de la Mazure ».Un peu plus loin dans la même chronique, le père SAGET ajoute que « le pays a vu s’élever avec bonheur cette usine qui fournira à la terre un aliment puissant, car la chaux provenant du calcaire de Forcé est généralement appréciée par les agriculteurs. »
Les travaux s’achèvent en 1893. Avant de mettre le feu au fourneau, le propriétaire souhaite établir une statue de la vierge sur le fronton du four. C’est l’occasion d’une fête religieuse pendant laquelle les curés de Forcé et de Bonchamp procèdent à la bénédiction du fourneau sous le regard des ouvriers « armés de leurs outils ». Le Maire de la commune est également présent. La journée se termine par un banquet, où Monsieur RICOSSET avait réuni de nombreuses familles, les notables et les autorités. Les convives trinquèrent, n’en doutons pas, à la prospérité de l’entreprise. Une scène qui témoigne bien de l’esprit paternaliste du patronat de l’époque.
Nous possédons peu d’éléments permettant de donner une idée précise de l’activité du site. Les dimensions du four sont assez modestes comparées aux fours à chaux de Parné-sur- Roc ou de Louverné où la production s’était réellement industrialisée. Quoiqu’il en soit, le procédé de fabrication de la chaux se décline en quatre étapes. Une fois les pierres extraites, la première étape de fabrication consistait à construire une voûte dans la partie inférieure du four, au-dessus du foyer. Dans la deuxième étape, les chaufourniers amoncelaient alternativement les pierres et le charbon sur la voûte à partir de l’ouverture pratiquée au sommet du four et appelée gueulard. Ils parvenaient au sommet avec leur chargement au moyen d’une rampe aménagée dans le remblai, à côté de la construction. Une fois que le four était plein, le feu était allumé et alimenté pour faire monter progressivement la température à 1000 degrés. Pour accélérer la cuisson, les fours étaient tapissés de pierres réfractaires. Au cours de cette phase, le calcaire transformé en chaux descendait vers la base du four où il se refroidissait. Les chaufourniers laissaient la chaux refroidir pendant quelques jours avant de vider le four par les ouvertures voûtées en enlevant les cendres et en récupérant les briques de chaux qui étaient cassées à la barre à mine. Les conditions de travail rendaient le métier de chaufournier pénible ce qui pouvait avoir de graves conséquences sur la santé.
Les années 1870 marquèrent l’apogée de la production de chaux en Mayenne mais le déclin s’amorça 15 ans plus tard.

Sources : Chroniques de G. SAGET
Le patrimoine des communes de la Mayenne
Inventaire général du patrimoine, Conseil Général de la Mayenne

Le pont relie les hommes

Envasé et anéanti, le pont de Forcé a retrouvé sa splendeur d’antan. Au-delà du patrimoine, le chantier est un bel exemple de solidarité humaine.

La Mayenne ne manque pas de trésors cachés. La petite commune de Forcé en détient un. Ou plutôt l’a retrouvé, niché entre la rivière La Jouanne, sa salle des fêtes et son boulodrome. « Le dimanche, les gens viennent spécialement voir le pont. D’ailleurs cette place du Douet nous envisageons de la réaménager globalement » précise, avec une évidente fierté, Annette Chesnel, le maire. Un sentiment légitime, comme celui que l’on ressent après avoir bataillé ferme durant plusieurs années. « Il a fallu convaincre du bien-fondé du projet. Ce n’était pas évident au début car on se lançait dans l’inconnu » rappelle l’agricultrice.

Avec l’association Génie 53, l’ouvrage a été totalement réhabilité. Un chantier d’insertion, émaillé de péripéties, qui a duré près de 2 ans. Il sera inauguré le 20 septembre.

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Brève histoire de Forcé

Petite par sa superficie, la commune de Forcé a pourtant connu une histoire assez longue et variée. Sans doute remonte-t-elle à l’époque gallo-romaine, mais aucun document ne l’atteste avec évidence.
Le village semble avoir été construit autour de l’église au 14ème siècle.
Au 16ème siècle, quelques habitants avaient adhéré au protestantisme, comme en témoigne un  »Huguenotier » mentionné dans les archives et qui était un lieu de sépulture pour les Huguenots.
Sous la Révolution, une bataille se déroula près du pont sur la Jouanne, entre les Chouans et les Bleus et, au cours de ce combat, s’illustra un Chouan surnommé « Tranchemontagne ».
C’est à la même époque qu’une célèbre blanchisserie, installée à la Mazure, entre Forcé et Entrammes, connût son heure de gloire puisque les toiles blanches à Forcé se vendaient dans toute l’Europe et même en Amérique.
A cette époque, la localité comptait, plus de 800 âmes.
La blanchisserie ferma au 19ème siècle et son directeur, Monsieur le Clerc de la Jubertière, devint le premier Maire de Forcé.
Des fours à chaux installés par un certain Monsieur Ricosset connurent une grande activité à la fin du 19ème siècle. Ils sont fermés maintenant et la commune continue à vivre dans l’orbite de Laval, puisque la plupart des habitants d’aujourd’hui travaillent au chef-lieu et reviennent, chaque soir, habiter les nouveaux lotissements dont l’élégance et le confort sont appréciés de tous les utilisateurs.
Il fait bon vivre à Forcé.